mercredi

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avec les mains, toujours les mains, je trace l'écart entre le puits et la bouche, avec les mains mais à bout de souffle, mais encore pleines de vigueur, avec les mains, les mains et une pause dans la tête, une maison à bâtir, une maison sans toit et sans mur, une maison aux quatre vents, une maison ouverte, une maison de portes et de fenêtres, mais une maison pour y venir jour et nuit, où mieux se reposer, où mieux se recentrer





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mardi

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jour de colère dans les puits, ton temps tu le passes à retourner, comme s'il ne t'avait pas suffi d'une apparition, ou alors, va là, au pôle, à l'extrême incurie de toi-même, mais de grâce, finis-en bientôt avec le détour, il te ralentit, il t'encombre, et tu n'y trouves rien à t'ajouter, rien pour t'additionner à l'autre, le plus courageux que toi, tu n'y vois même rien à redire, après la chute, après l'effacement du possible, rien de plus, ignorant que tu as déjà beaucoup, avec ta honte de vouloir plus, va, va plus sûrement maintenant, et parle





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samedi

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ma parole ! de quel sommeil es-tu sortie, sous quelle porte es-tu passée, entre quelles eaux m'as-tu appelé, quelle chute veux-tu me faire prendre, quelle partie de toi dois-je effacer, à partir de quelle heure m'accepteras-tu, dans quelle rue nous sommes-nous croisés, de quel regard m'as-tu traversé, avec quelle main t'es-tu cachée, pour quelle raison n'as-tu rien dit de plus, dans quel rêve voudrais-tu apparaître, par quel miracle nous faudrait-il s'évader l'un de l'autre, en quelle demeure devrais-je t'accueillir, en dehors de quel corps nous habiterons-nous, depuis quel jour m'ignores-tu sans pour autant m'abandonner, sur quel doute t'es-tu fondée, quel autre que moi, quel autre que moi espérais-tu, quel autre, quel autre que toi ai-je fait venir, quelle absurdité que nous deux sans vraiment y être, quel autre que nous, quel autre





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dimanche

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ne pense plus, de grâce, n'y pense plus, ou je me verrai obligé de prendre le contre-pied, et de sortir par la fenêtre, de partir me réfugier hors de moi-même, c'est que parfois je ne peux déjà plus me ressembler, non que je te le reproche, je n'en ai plus la force, c'est juste que tu m'auras épuisé, sache le, et qu'aujourd'hui j'ai envie de te couper les mains, que jamais, plus jamais, elles ne me caressent, qu'elles ne puissent venir me parler de toi, c'est que maintenant j'ai décidé de te récuser, de t'interdire l'accès de cette maison dont je t'avais laissé les clefs avant que tu n'en profites pour y changer les verrous, ne pense plus, de grâce, oublie moi, il faut que je me repose maintenant





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je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, je perds mes mots, combien de fois par jour, devrais-je te le répéter qu'avec toi je perds mes mots






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mais oui, mais tu as raison, mais éteins la ma folie, ou mets la moi en face à face, si tu l'oses, moi je la jette au feu, qu'elle fasse des braises pour ceux qui viendront au hasard, je la noierai même s'il le faut, tu sais, rien ne m'effraie plus aujourd'hui, non, rien qui ne vienne m'interrompre si à la fin je suis à toi, comme tu es mienne, car je ne sais que rester en dehors, au plus proche des choses ou dans le crépuscule de la main, tout contre toi, à côté, là, dans le souffle et sous le poids de l'ombre, comme prêt à échouer, parmi les odeurs rances du souvenir et les diatribes à écourter, oui, de grâce, fais, mais fais que ce soit rapide, et sans apostrophe, je me suffis déjà bien assez à moi-même, alors à deux, tu penses bien, il faudrait me l'offrir le courage, et puisqu'on en est à citer, j'aimerai te dire que de toute manière il y a bien longtemps que de battre mon coeur s'est arrêté,





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mais avec quels mots seulement pourrai-je encore continuer à dire maintenant que tous me semblent tellement usés, à force de traverser cette bouche ; à la longue ils me fatigueraient, s'ils continuaient sans cesse à revenir, à me tourner la langue, que d'ailleurs je me suis asséché d'un soleil entier qui s'inclinait, mais qui penchait tant et si bien qu'il finit par ne plus rien éclairer du tout, une lumière rase et refroidie, au plus près du sol et de la terre, comme perdue dans les mains du silence, une vacance pour l'étoile presque, ou pour le moins une décision de la rendre, de la laisser au plus offrant, une manière comme une autre de lui intimer de s'en aller, voilà, qu'elle me laisse dans ma solitude dorénavant, qu'elle me préserve d'elle, qu'elle disparaisse, ou qu'elle se taise, à jamais, et que je puisse demeurer l'analphabète, le verso du poème, l'oublié, ou alors qu'elle me mange, définitivement, que nous n'en parlions plus, le temps de s'interrompre au beau milieu de l'autre, le nocturne, celui qu'on attendait plus, à portée de vue pourtant, à quelques encablures de la démence ;





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